VIOLS À BANGUI ?

Publié le par Angola-Inteligente

 FRANCE AFRIQUE Des soldats de la force Sangaris sont suspectés de viols sur des enfants en Centrafrique. À l'origine de ces accusations, le responsable d'un centre de protection de l'enfance, que France 24 a rencontré dans le camp de déplacés de M'Poko, à Bangui.  C'est lui qui, le premier, a écouté les enfants et documenté leurs témoignages. Alexis Nguitté, en charge d'un centre de protection de l'enfance dans le camp de déplacés de M'Poko, est celui qui a alerté les autorités sur les possibles viols d'enfants centrafricains par des militaires de l'opération Sangaris.  Après avoir entendu des rumeurs, il organise des entretiens avec les enfants qui souhaitent témoigner, puis porte l'affaire devant l'Unicef et la Misca, la mission de l'ONU en Centrafrique (aujourd'hui Minusca).  Ensuite, "il fallait en quelque sorte faire la contre-expertise des interviews que j'avais eues avec ces enfants. On a repris le travail que j'avais fait avec les enfants, au cas par cas, en respectant les standards", raconte-t-il au micro de France 24. Les récits ainsi collectés permettent de lancer une enquête conjointe de l'ONU et de l'Unicef, entre mai et juin 2014.  Au camp de déplacés de M'Poko, situé tout près de l'aéroport international de Bangui, les tentes de fortune s'étendent à perte de vue. Quelque 18 000 personnes y vivent aujourd'hui, mais début 2014, au plus fort des affrontements entre groupes armés, elles étaient plus de 100 000. Le site était sécurisé par des soldats français de la force Sangaris, européens de l'Eufor-RCA et africains de la Misca.  C'est dans ce contexte qu'une dizaine d'enfants auraient été victimes d'abus sexuels. Quatorze militaires français seraient concernés, ainsi que trois soldats du Tchad et deux de Guinée équatoriale.   "Il y avait au plus fort moment de la crise dans la zone aéroportuaire, tout un monde qui gravitait non seulement autour des soldats français, mais aussi des soldats européens de la force européenne, surtout la nuit", raconte, sous couvert d'anonymat, un diplomate de l'ONU installé à Bangui.  "Tout le monde sait que des groupes de jeunes filles surtout, prenaient plaisir à côtoyer les militaires européens basés dans la zone de l'aéroport, pour des biscuits, des sardines", ajoute un ancien réfugié du camp, Elias Mboro Té Zognè.  La justice française prend connaissance de l'enquête lancée par les recherches d'Alexis Nguitté en juillet 2014. Le mois suivant, ce responsable associatif est auditionné par des gendarmes de la prévôté qui mènent l'enquête préliminaire, toujours en cours actuellement. Munis d'une liste, ils croisent leurs informations avec celles d'Alexis Nguitté : "Par exemple, pour l'enfant X, je leur donnais les renseignements, ce que je savais de l'enfant, et ils vérifiaient."  Maintenant que l'affaire a été révélée par les médias, Alexis Nguitté est partagé entre la satisfaction que l'histoire n'ait pas été oubliée et le désarroi face à la lenteur de la justice. Aujourd'hui, le camp de M'Poko se vide : avec l'arrêt des massacres, la plupart des déplacés ont pu regagner leur domicile et ceux qui restent devront bientôt partir, les autorités centrafricaines ayant annoncé sa fermeture prochaine "pour des raisons de sécurité, économiques et d'hygiène".  AFP

FRANCE AFRIQUE Des soldats de la force Sangaris sont suspectés de viols sur des enfants en Centrafrique. À l'origine de ces accusations, le responsable d'un centre de protection de l'enfance, que France 24 a rencontré dans le camp de déplacés de M'Poko, à Bangui. C'est lui qui, le premier, a écouté les enfants et documenté leurs témoignages. Alexis Nguitté, en charge d'un centre de protection de l'enfance dans le camp de déplacés de M'Poko, est celui qui a alerté les autorités sur les possibles viols d'enfants centrafricains par des militaires de l'opération Sangaris. Après avoir entendu des rumeurs, il organise des entretiens avec les enfants qui souhaitent témoigner, puis porte l'affaire devant l'Unicef et la Misca, la mission de l'ONU en Centrafrique (aujourd'hui Minusca). Ensuite, "il fallait en quelque sorte faire la contre-expertise des interviews que j'avais eues avec ces enfants. On a repris le travail que j'avais fait avec les enfants, au cas par cas, en respectant les standards", raconte-t-il au micro de France 24. Les récits ainsi collectés permettent de lancer une enquête conjointe de l'ONU et de l'Unicef, entre mai et juin 2014. Au camp de déplacés de M'Poko, situé tout près de l'aéroport international de Bangui, les tentes de fortune s'étendent à perte de vue. Quelque 18 000 personnes y vivent aujourd'hui, mais début 2014, au plus fort des affrontements entre groupes armés, elles étaient plus de 100 000. Le site était sécurisé par des soldats français de la force Sangaris, européens de l'Eufor-RCA et africains de la Misca. C'est dans ce contexte qu'une dizaine d'enfants auraient été victimes d'abus sexuels. Quatorze militaires français seraient concernés, ainsi que trois soldats du Tchad et deux de Guinée équatoriale. "Il y avait au plus fort moment de la crise dans la zone aéroportuaire, tout un monde qui gravitait non seulement autour des soldats français, mais aussi des soldats européens de la force européenne, surtout la nuit", raconte, sous couvert d'anonymat, un diplomate de l'ONU installé à Bangui. "Tout le monde sait que des groupes de jeunes filles surtout, prenaient plaisir à côtoyer les militaires européens basés dans la zone de l'aéroport, pour des biscuits, des sardines", ajoute un ancien réfugié du camp, Elias Mboro Té Zognè. La justice française prend connaissance de l'enquête lancée par les recherches d'Alexis Nguitté en juillet 2014. Le mois suivant, ce responsable associatif est auditionné par des gendarmes de la prévôté qui mènent l'enquête préliminaire, toujours en cours actuellement. Munis d'une liste, ils croisent leurs informations avec celles d'Alexis Nguitté : "Par exemple, pour l'enfant X, je leur donnais les renseignements, ce que je savais de l'enfant, et ils vérifiaient." Maintenant que l'affaire a été révélée par les médias, Alexis Nguitté est partagé entre la satisfaction que l'histoire n'ait pas été oubliée et le désarroi face à la lenteur de la justice. Aujourd'hui, le camp de M'Poko se vide : avec l'arrêt des massacres, la plupart des déplacés ont pu regagner leur domicile et ceux qui restent devront bientôt partir, les autorités centrafricaines ayant annoncé sa fermeture prochaine "pour des raisons de sécurité, économiques et d'hygiène". AFP

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